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Le président Luiz Inácio Lula da Silva a rompu le silence sur cette affaire et s’est exprimé publiquement pour la première fois depuis la divulgation des messages. Dans une vidéo enregistrée au Palais du Planalto et diffusée jeudi 3 septembre, Lula a déclaré que « face à la gravité de la situation, le peuple brésilien attend du président de la Cour suprême et du procureur général de la République qu’ils mènent une procédure garantissant l’intégrité et la confiance dans les enquêtes ». La vidéo a été publiée sur les réseaux sociaux du président.

La crise qui secoue la Cour suprême fédérale depuis la révélation d’échanges entre le ministre Alexandre de Moraes et le banquier Daniel Vorcaro a pris, jeudi dernier (3 septembre), une nouvelle tournure : un nouvel affrontement direct entre les ministres Alexandre de Moraes et André Mendonça.

Deux jours après que Mendonça eut levé le secret d’instruction sur le rapport de la Police fédérale qui révélait des échanges entre Vorcaro et un contact attribué à Moraes, Alexandre de Moraes lui-même a adressé au président de la Cour suprême fédérale (STF), Edson Fachin, une requête dans le cadre de l’enquête n° 4 781, dite « enquête sur les fausses informations », accusant Mendonça d’agir en faveur de « groupes politiques ».

Moraes s’est appuyé sur des rapports des services de renseignement de la Police fédérale pour accuser André Mendonça d’avoir, « en théorie », commis des faits d’irrégularité administrative, des crimes de responsabilité et d’abus d’autorité, en portant atteinte à l’« impartialité judiciaire » et en « favorisant certains groupes politiques » lorsqu’il a agi en tant que rapporteur dans les affaires liées au scandale de l’INSS (« Opérations sans remise ») et de la banque Master (« Opération Compliance Zero »).

Moraes accuse également son collègue d’avoir usurpé la direction des travaux des forces de police, d’avoir mené de manière irrégulière les négociations en vue d’un éventuel accord de collaboration avec Vorcaro et d’avoir orienté les enquêtes à son encontre et à celle du président du Sénat, Davi Alcolumbre, pour des motifs personnels et politiques.