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L’Amérique latine, épicentre mortel de la défense de la terre

L’Amérique latine demeure, pour la treizième année consécutive, la région la plus dangereuse au monde pour celles et ceux qui défendent ll’environnement. Selon le rapport annuel de l’ONG Global Witness, intitulé Poder Colectivo (« Pouvoir collectif »), 85 % des assassinats de défenseurs recensés en 2025, ont eu lieu en Amérique latine. 

Au niveau mondial, Global Witness a documenté 124 assassinats de défenseurs de la terre et de l’environnement en 2025, un chiffre en recul par rapport aux années précédentes (142 en 2024 et 196 en 2023 ).

La Colombie, en tête depuis quatre ans

Pour la quatrième année consécutive, la Colombie est la pays le plus meurtrier, avec 39 assassinats, devant le Brésil, 26. Le Honduras et les Philippines suivent, avec 12 morts chacun. Parmi les victimes colombiennes figure Aida Damaris Flor Camayo, membre de la garde indigène du Cauca, assassinée en 2025. Au Brésil, un membre de l’ethnie Pataxó, assassiné dans l’État de Bahia, illustre la même dynamique de violence qui frappe les communautés autochtones bien au-delà de l’Amazonie. Latin America accounted for 85% of environmental defender killings in 2025, report.

Des victimes majoritairement autochtones et paysannes

Plus des trois quarts des personnes tuées en 2025 étaient des petits cultivateurs autochtones, ou des Afro-descendants, dont  des membres de systèmes de garde communautaire créés pour protéger leurs territoires, métier dangereux s’il en est, surtout au Brésil. Ce constat n’est en rien le fait du hasard : il reflète la ligne de front d’un conflit persistant entre les communautés locales et les intérêts des mines clandestines des exploitation forestière, de l’agrobusiness… Daily JournalDaily Journal

Une base de données qui s’alourdit tragiquement depuis 2012

Depuis le lancement de son observatoire il en 2013, Global Witness a documenté 2 375 assassinats et disparitions de défenseurs de la terre et de l’environnement dans le monde. L’ONG s’est appuyé sur un réseau d’une trentaine d’organisations partenaires présentes dans une vingtaine de pays. L’ONG précise elle-même que « ce décompte reste probablement inférieur à la réalité : les conflits armés, les restrictions imposées à la société civile et l’insécurité générale rendent la documentation de nombreux cas extrêmement difficile, en particulier dans les zones les plus reculées. »