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Alerte rouge en Amérique du Nord : les incendies au Canada asphyxient les métropoles et créent une crise politique à trois jours de la finale Espagne-Argentine

Un Ă©pais brouillard toxique et une odeur âcre de brĂ»lĂ© enveloppent le nord-est des États-Unis et le sud du Canada. Alors que Central Park se vide et que les hĂ´pitaux saturent, les fumĂ©es de centaines d’incendies actifs en Ontario font peser une lourde incertitude sur la finale de la Coupe du monde. Une crise environnementale qui vire dĂ©sormais Ă  l’affrontement diplomatique entre Washington et Ottawa.

Des rues de Manhattan plongĂ©es dans une teinte cendrĂ©e, des passants masquĂ©s et des agents de Central Park sommĂ©s par leur hiĂ©rarchie d’interrompre d’urgence leur travail pour se mettre Ă  l’abri. Ces scènes, dignes d’un film catastrophe, se dĂ©roulent en plein cĹ“ur de New York. Ă€ l’origine de ce chaos respiratoire : des centaines d’incendies dĂ©vastateurs qui ravagent la province canadienne de l’Ontario et dont les fumĂ©es denses ont envahi toute la cĂ´te nord-est des États-Unis et le sud du Canada.

Cette crise environnementale majeure, de plus en plus visiblement liée au changement climatique, survient au pire moment possible : à seulement trois jours de la finale de la Coupe du monde de football qui doit opposer l’Espagne à l’Argentine au MetLife Stadium du New Jersey.

Chicago et Détroit en tête du classement mondial de la pollution

Si New York suffoque, le pire se joue plus Ă  l’ouest. Selon les donnĂ©es du site spĂ©cialisĂ© IQAir, Chicago est devenue ce jeudi après-midi la ville la plus polluĂ©e au monde, immĂ©diatement suivie par DĂ©troit. Les deux mĂ©tropoles du Midwest affichent des indices de qualitĂ© de l’air jugĂ©s « dangereux ». New York arrive juste derrière, classĂ©e dans la catĂ©gorie « très malsaine », devançant Toronto. Un constat alarmant qui relègue temporairement les habituĂ©es de ce triste classement, comme Kinshasa, Lahore ou New Delhi, au second plan.

Face Ă  cette situation, les autoritĂ©s sanitaires des deux pays ont tirĂ© la sonnette d’alarme :

  • Ă€ New York : Le Bureau de gestion des urgences a exhortĂ© les citoyens Ă  ne pas rester plus d’une heure dehors. « Écoutez votre corps. Si vous avez les yeux qui pleurent, la gorge irritĂ©e ou des difficultĂ©s Ă  respirer, rĂ©duisez votre activitĂ© physique et restez Ă  l’intĂ©rieur », a tweetĂ© le service sur X.

  • Dans le Midwest : Des villes comme Cleveland, DĂ©troit, Minneapolis et Chicago ont demandĂ© Ă  leurs habitants de se confiner au maximum, tandis que Milwaukee a enregistrĂ© la pire qualitĂ© de l’air de toute son histoire.

  • Au Canada : Ă€ Toronto, l’impact sanitaire est immĂ©diat. Deux grands hĂ´pitaux de la ville ont signalĂ© une augmentation de 80 % des consultations d’urgence pour des douleurs thoraciques et de graves troubles respiratoires liĂ©s aux fumĂ©es.

Une finale sous la menace de pluies de suie

Sur le front mĂ©tĂ©orologique, l’optimisme reste prudent. Les prĂ©visionnistes du National Weather Service estiment que le pic de l’activitĂ© des incendies est dĂ©sormais passĂ© et que la dĂ©pression actuelle devrait dissiper la fumĂ©e d’ici vendredi.

Cependant, les météorologues lancent une mise en garde pour le week-end de la finale. De nouvelles vagues de fumée pourraient faire leur retour dès samedi et se mêler aux perturbations pluvieuses attendues. Ce cocktail pourrait laisser une couche de suie très visible et tenace sur les infrastructures, les rues et les véhicules. Une image désastreuse pour les États-Unis, au moment précis où les yeux de la planète entière seront rivés sur le stade de New York-New Jersey pour le choc Espagne-Argentine.

La fumée traverse la frontière et embrase le Congrès américain

Au-delĂ  de la crise sanitaire, le dĂ©sastre environnemental s’est transformĂ© en tempĂŞte politique Ă  Washington, altĂ©rant des relations bilatĂ©rales dĂ©jĂ  complexes entre les deux voisins. Plusieurs Ă©lus rĂ©publicains ont publiquement accusĂ© le gouvernement canadien d’incompĂ©tence et de passivitĂ© dans la gestion de ses forĂŞts.

Le sĂ©nateur de l’Ohio, Bernie Moreno, dont l’État subit de plein fouet le nuage toxique, a annoncĂ© son intention de dĂ©poser un projet de loi visant Ă  sanctionner financièrement le Canada pour ce qu’il qualifie d’« atrocitĂ© ».

La colère est identique à la Chambre des représentants. Dans une lettre officielle particulièrement virulente publiée mercredi, quatre élus républicains (John James, Jack Bergman, John Moolenaar et Lisa McClain) ont tancé Ottawa : « C’est la troisième année consécutive que nous devons nous adresser aux autorités canadiennes au sujet d’une crise qu’elles pourraient prévenir, mais qu’elles ont décidé de ne pas gérer. Nos hôpitaux accueillent à nouveau des enfants, des patients nécessitant une dialyse et des personnes âgées affectées par la fumée, qui ne provient pas des environs. »

Affirmant ne plus vouloir se contenter « d’excuses », ces parlementaires Ă©voquent dĂ©sormais ouvertement la possibilitĂ© que les États-Unis prennent eux-mĂŞmes le contrĂ´le direct des opĂ©rations de prĂ©vention des incendies le long de la frontière commune.

Source consultable en direct, pour en savoir plus : Front Office Sports – Will Poor Air Quality Impact the World Cup Final?