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Les insultes de Milei à l’encontre de Lula plongent l’Argentine et le Brésil dans leur pire crise diplomatique depuis des années

Les attaques du président d’extrême droite à l’encontre du représentant de gauche, qui ont conduit à la convocation réciproque des ambassadeurs, coexistent avec des relations économiques solides entre les deux pays.

Les insultes proférées par le président argentin Javier Milei à l’encontre de son homologue brésilien Luiz Inácio Lula da Silva ont déclenché la plus grave crise diplomatique de ces derniers temps entre les deux pays, un nouvel accroc qui caractérise leurs relations depuis plusieurs années. Toutefois, malgré des relations personnelles exécrables, voire inexistantes, entre les deux hommes, les principales économies d’Amérique du Sud ont appris à composer avec ces divergences. Il n’y a pas d’entente au plus haut niveau, mais la machine continue de tourner.

Un discours sans détour depuis la tribune de Flávio Bolsonaro

Samedi, Milei s’est rendu à São Paulo pour assister à l’investiture de Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, comme candidat à l’élection présidentielle d’octobre au Brésil. Le président argentin a ignoré tous les protocoles et, non seulement il n’a pas rencontré son homologue, mais il l’a qualifié, sans le nommer directement, de « voleur » et de « prisonnier » depuis la tribune. Il a également mis en garde contre « le risque Lula » lors des élections à venir et appelé le Brésil à se libérer de « l’asservissement à la gauche ».

Milei s’en est aussi pris, sans le nommer, au juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, qu’il a qualifié de « cette ordure chauve », l’accusant de l’avoir empêché de rendre visite à Jair Bolsonaro, incarcéré pour tentative de coup d’État en 2022 puis assigné à résidence à Brasília. Milei a établi un parallèle avec la visite que Lula avait rendue en 2025 à l’ancienne présidente argentine Cristina Fernández de Kirchner, alors placée en résidence surveillée pour corruption : « J’ai voulu aller voir mon ami Jair Bolsonaro. Ils ne m’ont pas laissé. Ici, en revanche, l’ex-prisonnier est venu voir la détenue. […] Ici, il n’y a eu aucun problème. Personne ne lui a interdit quoi que ce soit. »

Rappel des ambassadeurs des deux côtés

Le Brésil a réagi en rappelant dimanche pour consultation son ambassadeur en Argentine, Julio Bitelli, qui devait regagner Brasília entre dimanche et lundi. Le ministre des Affaires étrangères, Mauro Vieira, a qualifié l’attitude de Milei d’« extrêmement grave et inacceptable ». Selon une source diplomatique brésilienne citée par l’AFP, le président argentin « a offensé deux pouvoirs, le peuple et la démocratie brésilienne ».

Le gouvernement brésilien a par ailleurs convoqué, le même jour, l’ambassadeur argentin en poste au Brésil. Edinho Silva, président du Parti des travailleurs (au pouvoir au Brésil), a pour sa part jugé que le chef d’État argentin s’était montré « indigne de la fonction qu’il occupe ».

Lula, resté en retrait dans un premier temps, a fini par réagir dimanche, sans citer nommément Milei, lors d’un événement avec des syndicalistes : « Au Brésil, nous n’acceptons pas que quiconque mette son nez là où on ne lui a pas demandé de le faire. » Il a promis de continuer à diriger le pays « sans interférence de quiconque ».

Milei enfonce le clou et évoque une « campagne anti-argentine »

Loin de désamorcer la crise, Javier Milei a repris la parole dimanche pour accuser le gouvernement brésilien, ainsi que le Mexique et le Parti démocrate américain, d’avoir financé une « campagne anti-argentine ». Cette accusation semble en partie liée aux critiques ayant visé l’Argentine et son équipe nationale en marge de la Coupe du monde de football, plusieurs joueurs et membres du staff technique argentin s’en étant pris à leurs homologues espagnols après la défaite 1-0 en finale, à l’issue des prolongations.

Milei a également accusé Lula d’avoir cherché à lui nuire pendant la campagne présidentielle argentine de 2023 : « J’avais un voisin qui s’immisçait dans la politique argentine pour essayer de fausser le cours de l’Histoire. »

Une relation glaciale depuis 2023

Le président Lula entretient des relations très froides avec Javier Milei depuis l’arrivée de ce dernier au pouvoir en Argentine, fin 2023. Bien qu’ils se soient croisés à plusieurs reprises lors de rencontres multilatérales, les deux hommes n’ont jamais tenu de réunion bilatérale.

Les tensions s’étaient déjà accentuées ces derniers mois. Selon des sources diplomatiques, Milei aurait discrètement œuvré pour que la signature définitive de l’accord commercial entre le Mercosur et l’Union européenne soit repoussée à 2026, afin qu’elle se tienne au Paraguay sous la présidence tournante de Santiago Peña, allié politique de la Casa Rosada — une manœuvre perçue à Brasília, qui avait porté les négociations avec Bruxelles pendant des années, comme un geste inamical. Lula avait par ailleurs été absent de la cérémonie de signature de cet accord à Asunción en janvier 2026, un absentéisme qui avait déjà exposé la dégradation du lien bilatéral.

La crise vénézuélienne avait constitué un autre point de friction majeur, les positions de Milei et de Lula divergeant nettement face à l’action des États-Unis et à la situation de Nicolás Maduro.

Une crise diplomatique, pas (encore) économique

Malgré la virulence de l’échange verbal et la convocation croisée des ambassadeurs, les relations économiques entre les deux pays, qui sont partenaires stratégiques au sein du Mercosur, n’ont pour l’heure pas été remises en cause officiellement. La crise reste, à ce stade, de nature strictement diplomatique et politique, dans la continuité d’un style que Milei a déjà pratiqué avec d’autres dirigeants de gauche de la région, notamment le président colombien Gustavo Petro, qu’il avait par le passé qualifié d’« assassin terroriste », provoquant une rupture diplomatique similaire avec la Colombie.

Reste à savoir si cet épisode marquera un tournant durable dans la relation bilatérale ou s’il s’inscrira, comme les précédents accrochages, dans une dynamique où les invectives personnelles entre les deux chefs d’État continuent de coexister avec la poursuite des échanges commerciaux entre les deux plus grandes économies d’Amérique du Sud.

Marta Valmont dirige d’une main de fer dans un gant de velours la prestigieuse maison de haute couture fondée par son père. Mais derrière les dorures de la Place des Vosges, tout menace de s’effondrer : dettes colossales, manœuvres d’héritiers secrets, trahisons, et un passé trouble qui refait surface. Les cadavres sortent des placards. Des salons feutrés parisiens de la Maison Valmont, à Honfleur ou aux galeries du Sablon à Bruxelles, en passant par le Kent et les mystères de l’Afrique, les masques tombent, les alliances se révèlent, et les cœurs se rapprochent.

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