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José Antonio Kast Rist est né le 18 janvier 1966 à Santiago. Il est le benjamin d’une fratrie de neuf ou dix enfants (les sources varient), issue de l’immigration allemande d’après-guerre.

Le père : Michael Kast, du NSDAP à la charcuterie chilienne

Michael Martin Kast naît le 2 avril 1924 à Thalkirchdorf, un petit village de Bavière, dans une famille d’industriels laitiers. Incorporé dans la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale, il combat sur le front de l’Est, notamment lors de la bataille de Korsun-Tcherkassy, puis en Italie, où il est fait prisonnier après l’armistice italien de 1943. Il parvient à s’évader avant de rentrer en Allemagne, puis émigre en Amérique du Sud.

Longtemps, José Antonio Kast a présenté cette trajectoire comme celle d’un homme enrôlé de force, affirmant que sa famille était aussi éloignée du nazisme qu’il est possible de l’être. Mais des recherches journalistiques publiées en 2021 par l’Associated Press ont mis au jour un document des archives fédérales allemandes : une carte d’adhésion montrant que Michael Kast avait rejoint le NSDAP, le parti nazi, le 1er septembre 1942, à l’âge de 18 ans.

Une fois installé au Chili, Michael Kast épouse en 1946 Olga María Kreszencia Rist et fonde une entreprise de charcuterie qui prospère. Naturalisé chilien en 1995, il meurt à Buin, près de Santiago, le 9 mai 2014, à l’âge de 90 ans.

Le frère : Miguel Kast, artisan du pinochétisme économique

L’aîné de la fratrie, Michael (dit Miguel) Kast Rist, né en 1948 à Oberstaufen, en Allemagne, est économiste, formé selon la doctrine des « Chicago Boys » qui a inspiré la politique économique de la dictature. Il occupe plusieurs postes clés sous Augusto Pinochet : ministre chargé de l’Office national de la planification (ODEPLAN) de 1978 à 1980, où il promeut la notion d’« extrême pauvreté » ciblant l’aide sociale sur les plus démunis, puis ministre du Travail de 1980 à 1982, avant de présider la Banque centrale du Chili en 1982. Il meurt prématurément en 1983, à 34 ans.

Des enquêtes journalistiques et judiciaires évoquent par ailleurs des liens entre des membres de la famille Kast et les patrouilles civiles ayant opéré aux côtés des services de répression du régime, dans un contexte de violations graves des droits humains, y compris des disparitions forcées.

Le fils : de l’héritage familial à la présidence

Élève de l’avocat Jaime Guzmán, idéologue proche de Pinochet et rédacteur de la Constitution de 1980, José Antonio Kast s’engage très tôt dans le mouvement gremialiste, puis vote en faveur du maintien au pouvoir de Pinochet lors du plébiscite de 1988. Avocat de formation, il fonde un cabinet en 1991 avant de se lancer en politique, où il siège comme député de 2002 à 2018.

Il a par le passé rendu visite en prison à d’anciens agents de l’État condamnés pour crimes contre l’humanité, dont Miguel Krassnoff, tortionnaire condamné à plus de mille ans de détention. En 2021, il a néanmoins concédé du bout des lèvres le caractère « autoritaire » du régime militaire.

Élu président de la République le 14 décembre 2025 face à la communiste Jeannette Jara, il devient, à son investiture le 11 mars 2026, le chef d’État chilien le plus marqué à droite depuis la fin de la dictature en 1990.

Sources : Associated Press (2021), France 24, Franceinfo, Telos, Contretemps, archives personnelles.